Blues

mai 7, 2013

Ca fait longtemps que je n’ai pas posté ici…

Il s’en est passé des choses…

Ce soir, je me sens à l’aube d’un down au niveau du moral, un de ces down carabinés dont mon inconscient à le secret.

Pour plein de petites raisons sur lesquelles je met des mots mais également pour d’autres qui m’échappent je pense. J’ai l’impression de tourner un peu e  rond parfois dur tous ces problèmes qu’on pourrait qualifier de récurrents chez moi.

Des choses que j’ai l’impression d’avoir réglé ou au moins que j’ai réussi à plus ou moins occulter et qui finissent par revenir me tarauder.

Et du coup ce soir j’ai envie de parler, j’ai envie de voir des gens que j’aime et de boire un coup ensemble mais ça ne se fera pas.

Ma meilleure amie vit à plus de 500km de moi. Nous ne nous appelons plus que quelques fois dans l’année, le temps et l’éloignement ont fait leur job… Et ça me rends d’autant plus triste. Maintenant elle connaît mieux la vie de personnes qu’elle a rencontré il y a 3 ans que la mienne alors que nous faisons chemin ensemble depuis 10 ans… Quand je lui ai téléphoné tout à l’heure elle a miraculeusement décroché ce qui est de plus en plus rare (y’en à toujours un de nous deux qui ne peut pas en général). J’étais tellement heureux que j’avais la voix d’un gosse au téléphone et je lui ai dit tout de suite qu’elle me manquait. Elle n’a même plus su entendre que quelque chose clochait. Elle a du raccrocher rapidement. Je me suis senti seul.

Je n’ai plus d’amis de collège, de lycée, de fac. Tous perdus du vue avec le temps. C’est dur. Une de mes collègues qui me rappelait toute cette période pars ce soir dans une autre boîte. Ca m’a encore renvoyé à ça. On en a parlé et on est lucide tous les deux. Avec le temps la encore on finira par ne plus avoir de contact.

Alors j’aurais aimé voir les cousines/soeurs parce qu’elles me font du bien elles aussi. Aucune ne vit près de chez moi.

Hier soir je suis retombé sur une vidéo que j’avais fait d’une soirée il y a 4 ans avec tous les gens dont j’ai parlé (sauf ma collègue que je ne connaissais pas à l’époque ). La aussi ça m’a déprimé. Il se dégage de ces images une insouciance et un bonheur qui semblent avoir disparus depuis, avec la prise d’âge et de responsabilité de chacun. Il est maintenant pratiquement impossible de tous les réunir un week-end.

Bien sûr il y a Nick, mon mari. Mais ce n’est pas à lui que j’ai envie de raconter tout ça. Nick est l’on mari, je voudrais ce soir un/une amie. Pour parler de tout ça. Et du reste que je n’évoque pas.

Je le connais un peu. J’ai peur parce que j’espère que tout ça n’est qu’un passage et pas une période plus longue comme ça m’arrive parfois.

L’épreuve

décembre 15, 2011

Cette nuit j’ai fait un vrai cauchemar.

J’étais en train de me balader dehors, c’était l’été il faisait beau et je suis passé devant cette petite maison avec une véranda. J’y ai vu des frères jumeaux, deux beurs d’une vingtaine d’année. Ils étaient à la fenêtre, très mignon. L’un avait le visage un peu plus fin que l’autre. Je suis repassé un peu plus tard, ils étaient toujours là. Je suis rentré dans la maison, et celui au visage fin m’a tout de suite accueilli. Il était très gentil, attentionné et protecteur. On a discuté, bu un café et j’ai fini par l’embrasser. Et puis nous avons fait l’amour. On a commencé à se voir, et plus je le voyais, plus je l’aimais. Et lui en retour.

Et puis tout à coup, je me suis rappelé. Je me suis rappelé que j’étais marié. Je le lui ai dit. Je lui ai dit que j’étais perdu parce que j’aimais l’homme avec qui j’étais marié, mais que pour une raison qui m’échappait, j’étais également tombé amoureux de lui en quelques jours. Il était triste. Il m’a dit qu’il partirait de cette ville si jamais c’était terminé entre nous parce qu’il ne pourrai pas rester ici sans être avec moi. Et il ne voulait pas être l’amant. Il voulait être le mari.

Et j’étais perdu, perdu. Parce que bon sang, je n’avais pas du tout envie de quitter Nick. Et en même temps, je ne voulais surtout pas perdre cet autre avec qui je commençais quelque chose, je voulais continuer à passer du temps avec ce mec si mignon, être avec lui. Mais perdre mon mari ? Jamais… Et comment expliquer la situation à Nick ?

Je me suis réveillé. Ca m’a rappelé ma situation d’il y a deux ans. Etre dragué par un autre qui vous plaît quand on est en couple. Quelle épreuve.

La fosse à purin daubée

décembre 1, 2011

Comment décrire la situation simplement?

Dans mon service actuel, il y a ma chef, ma collègue et moi.

Il y a une chose que je n’ai pas dite ici, pas encore. Pour ne pas me porter malheur, je n’ai pas voulu trop y croire au début, à peine l’ai-je twitté. J’ai passé un entretien pour un poste en laboratoire qui m’intéresse beaucoup plus en interne. Si vous êtes déjà passé par chez moi, premièrement vous êtes sûrement un peu masochiste, et deuxièmement vous savez certainement quel est mon ressenti par rapport à mon poste actuel : le dégoût. Je souhaite depuis presque deux ans retourner en laboratoire, je me prends des claques et malheureusement pour moi plus le temps passe et plus je perds mon « savoir-faire » technique. Donc pour résumer, plus j’attends avant de repasser en labo, moins j’ai de chance d’y aller. Soyons clairs, pour des postes en CDI en dehors de ma boîte, c’est déjà mort depuis plus d’un an. Il me restait les postes en interne. Plusieurs candidatures, plusieurs claques « c’est très bien de vouloir faire ça, on t’y encourage, mais on ne te prends pas ».

Et puis, à force d’acharnement, j’ai enfin réussi à convaincre quelqu’un. Puis quelqu’un d’autre. Et encore un autre. Et au final, ces personnes ont fait en sorte qu’on me donne vraiment ma chance. Ca s’est traduit par une offre interne à laquelle j’ai postulé et qui s’est soldée par un entretien au cours duquel on m’a dit « c’est toi qu’on va prendre pour cette mission, et si possible on te garde après ».

Incroyable. Formidable. Génial.

Bon, sauf que. En fait, cette mission correspond à un remplacement parce que quelqu’un part du laboratoire pour aller dans un autre service. Le futur chef de cette personne tire très fort pour l’avoir tout de suite à temps complet. Bien logiquement, ma future chef ne veux pas le laisser partir tant que son remplaçant, c’est à dire moi, n’est pas arrivé. Vous commencez à comprendre? Donc moi, normalement, je devais commencer fin Novembre. Mais il faut quelqu’un pour me remplacer moi. Et c’est là que ça commence à coincer. Parce que mon remplaçant et bien il se fait attendre. Pourquoi? Parce qu’on va piquer dans un autre service. Qui devra trouver un remplaçant à mon remplaçant. Ahem.

C’est tout une cascade de remplacement qui s’est mise en place. Le problème c’est qu’au début de la chaîne, le premier commence à perdre patience de voir que son recrutement n’arrive pas. Et que, le connaissant, je sais que très bientôt, il parviendra à récupérer son recrutement. La personne que je dois remplacer donc. Or, ma chef actuelle ne me laissera pas partir tant que je n’aurai pas formé mon remplaçant. Aujourd’hui j’ai eu une discussion avec ma chef. Elle m’a annoncé que dans le meilleur des cas, mon transfert pourrait se faire fin Janvier. SI mon remplaçant est disponible rapidement et déjà en partie formée (ça dépendra de quelle personne est choisie en interne). Donc, chef actuelle me dit « au mieux Janvier ». Alors que future chef me dit « nous on a besoin de quelqu’un  MAINTENANT ».

Ca semble déjà moins bien parti hein? Bon, pourtant les postes sont déjà plus ou moins officialisés donc si ça peut se faire d’ici fin Janvier, ça devrait passer. Mais si ma chef actuelle n’a pas la personne qu’elle souhaite pour mon remplaçant, il se pourrait que ça ne soit pas avant début Mars.

Ah, et donc pour m’achever, ma collègue de mon service (rappelez-vous ce que j’ai dit au tout début : Dans mon service actuel, il y a ma chef, ma collègue et moi. ) cette collègue donc, est en CDD. Elle vient d’être reconduite jusqu’à début 2013. Hmm, mais cette collègue me parle de cette boîte concurrente FORMIDABLE chez qui elle a bossé avant et qu’elle rêve de ré-intégrer depuis un an qu’elle est arrivée. Oh, et bien bonne nouvelle, elle passe un entretien pour un CDI dans cette boîte courant Décembre. Elles ne sont plus que deux à être en lice pour le poste. L’autre est une inconnue pour la boîte, ma collègue elle a presque un mémorial dressé dans le service où elle postule.

Vous sentez comme soudainement l’ivresse de joie que j’ai pu ressentir il y a quelques semaine s’évapore? Concrètement, je tarde de plus en plus à arriver sur un poste ou bientôt il n’y aura plus personne, et donc vraiment besoin de quelqu’un. On ne me laisse pas partir car dans le service, sous ma chef, nous ne sommes que 2. Et que si l’un des 2 part, il faut absolument former le remplaçant. Et ma collègue a de fortes chances de se voir proposer un CDI dans les prochaines semaines. Un service sans plus personne de formé, ça n’est pas possible. Donc, qui voit venir la claque ultime consistant à ENFIN avoir été retenu pour LE poste qu’il voulait et se voir finalement signifier qu’il va rester à sa place, sa place puante de merde, sa raclure de chiasse, sa fosse à purin daubée par les dépressions, les craquages, les hurlements, les engueulades, le suicide, la mort?

Allez, sans déconner, le destin, Dieu, tout ce que tu veux… Tu peux me laisser partir sur mon nouveau poste?

Pitié.

Sans titre

novembre 17, 2011

Bon.

C’est cliché et tellement banal. C’est une phrase qu’on entend très souvent dans la bouche des uns et des autres. « Il faut profiter des gens tant qu’ils sont là » .

Ce matin, je suis dans un état étrange de culpabilité, de raison, de joie, de rationnel, d’émotion et de résignation.

Mon grand-père paternel est décédé il y a 8 ans. J’en avais 17. J’avais déjà perdu des membres de ma famille. Mais c’était avant, j’étais plus jeune et ça ne m’avait pas forcément beaucoup touché. Pour mon grand-père, j’ai cru que c’était la même chose. Mais non. Déjà, voir ma grand-mère en larme, complètement désemparée m’avait profondément touché. Le monde autour d’elle s’était effondré. Tous ses repères, ses habitudes, sa vie en somme, était partie le temps d’une toute petite crise cardiaque. Ils étaient allés se coucher pour la sieste, après le repas. A un moment donné, elle l’a entendu pousser un soupir très profond, en gémissant un peu. Elle ne s’est même pas rendu compte que c’était le dernier. Et nous étions là, quelques heures plus tard autour d’elle.

Ce jour là, il a fallut lui tenir très fort la main. Rester avec elle qui embrassait le corps de mon grand-père, allongé sur le lit. Ce corps qui ressemblait à mon pépé, mais qui n’était pas tout à fait lui. Ce n’est pas explicable, mais si vous avez déja vécu des moments comme ça, vous voyez sans doute ce que je veux dire.

J’ai craqué le jour de l’enterrement. J’étais assez posé et distant par rapport à ce qui se passait, matrise, contrôle. Et puis au moment de jeter la terre sur le cercueil, tous mes souvenirs et l’amour que je portais mon grand-père a jailli du trou dans la terre et j’ai tout pris dans la figure. Je n’ai pu m’arrêter de pleurer que vingt minutes plus tard.

Ce jour là, jai enterré mon grand-père. Et j’ai aussi perdu ma grand-mère.

Elle ne s’est jamais remise du décès de son mari. Jamais. Pendant quelques semaines après, elle est restée chez elle, nous allions la voir régulièrement. Elle était triste. Mais elle faisait avec. Sauf qu’en réalité, elle ne faisait pas du tout avec. On l’a retrouvé un jour avec une lettre près d’elle qui s’excusait parce qu’elle allait rejoindre son mari. Elle avait tenté de s’ouvrir les veines. Mais ça n’a pas marché.

Elle a donc été placée en maison de retraite et traitée pour sa dépression. A partir de ce jour, je n’ai plus revu ma grand-mère. D’abord au sens figuré, puis au sens propre. Les premières années, je suis régulièrement allé la voir. Ma grand-mère n’était plus là. Son corps oui, mais elle non. Elle s’est retranchée en elle, pour fuir la vie qui était trop dur sans lui. Et elle attendait la mort, tout simplement. Elle parlait parfois de lui au présent, demandant pleine dangoisse où il était. Puis quand elle se rappelait qu’il n’était plus là, elle repartait en elle. Elle disait à peine bonjour, à peine au revoir. Elle semblait complètement indifférente à notre présence. C’était de plus en plus dur d’aller la voir. Et puis j’ai été lâche et nul. Face elle j’ai préféré me sauvegarder moi plutôt que de continuer à aller la voir, parce que la voir souffrir, c’était souffrir moi aussi.

J’ai honte d’écrire ça aujourdhui mais ça doit faire environ 4 ans que je n’ai pas revu ma grand-mère. Je sais que mon frère avait cessé d’aller la voir avant moi. Une de mes cousines a continué un moment après moi, mais je sais qu’elle a fini par arrêter aussi. Il n’y a que mon père et ma tante (sa soeur) qui ont continué à aller la voir. De temps en temps, je demandais mon père comment elle allait. « Comme d’habitude. Elle ne parle pas beaucoup. Elle reste assise sur son lit. » . Avec ma tante c’était pire, il arrivait qu’elle ne prenne même pas la peine de lui dire bonjour . Aucune haine entre les deux pourtant. Simplement, ma grand-mére avait disparu.

Depuis environ trois semaines, je ne sais pas pourquoi, je pense de plus en plus souvent à elle. Je culpabilise beaucoup de ne pas aller la voir. 4 ans. C’est long. Et je sais qu’elle n’est pas éternelle. Mais pourtant, je sais que ce n’est plus elle. Ou est-ce que je me dis ça pour me rassurer ? Pour ne pas culpabiliser ? Le fait est que quand j’irais la voir, je ne sais même pas si elle me reconnaitrait (la faute à qui à ton avis ?). Et je sais surtout que je lui poserai des questions auxquelles elle ne répondrait pas et qu’un silence horrible s’installerait. J’ai presque plus envie d’y aller pour mon père que pour elle ou pour moi. Parce que je me dis que ça doit être dur pour lui, de voir qu’aucun de ses fils ne va plus voir sa mère. La semaine passée, j’ai même fini par lui dire que j’avais envie d’aller la voir, que ça faisait trop longtemps. Il m’a dit « tu sais, elle n’est pas très en forme, elle est comme d’habitude, elle ne parle pas, c’est pas très drôle . » Mais il ne m’a pas dit de ne pas y aller.

J’ai donc enfin prévu d’y aller. Avant la fin de l’année. Peut-être pour Noël.

Mon téléphone a vibré dans ma poche ce matin. Mon père avait la voix étranglée, au bout du fil. C’est trop tard pour aller voir ma grand-mère. Elle est décédée cette nuit.

J’ai beaucoup de peine pour mon papa. Je m’en veux aussi terriblement de ne pas être retourné la voir. Et pourtant je me dis que l’avais déjà perdu. Mais là encore, est-ce que je me dis ça pour avoir la conscience tranquille ou était-ce vraiment le cas ?

Je suis triste parce qu’une partie de moi se sent petit morveux égoïste qui n’a même pas pris un après-midi en 4 ans pour passer voir sa grand-mère. Mais c’est un peu tard pour dire ça, non ? Au lieu de me lamenter maintenant, j’aurais mieux fait de me bouger le cul avant.

Et puis je repense au jour de sa « première mort » . Je repense à ses mots qu’elle avait écrit, « excusez-moi, je pars rejoindre mon mari » , la tristesse et l’abandon qu’elle ressentait. Et c’est peut-être la seule chose qui me réconforte aujourdhui. Elle a cessé d’être triste. Et peut-être même, s’il y a un après, qu’elle l’a vraiment rejoint son mari.

Ce petit chose

août 26, 2011

Il y a certains moments où j’aimerai bien être croyant. A pouvoir faire une prière qui me soulagerait. Avoir la foi, sentir une présence écrasante et bienveillante en chaque mouvement d’air, savoir que je ne suis pas seul. Pouvoir communier avec cet inconnu en lui donnant tout ce que je suis, lui remettre entre les mains et lui demander de l’aide, du soutien.

Mais je ne suis pas croyant. Je n’ai pas la foi. Pour avoir été à deux doigts de l’être, pour avoir physiquement ressenti cette présence, je sais que je ne suis pas croyant. Ce que j’ai ressenti pendant un certain temps s’est éteint.

Ca doit être bien d’avoir le sentiment que l’on n’est jamais seul et qu’il y a toujours de l’espoir. J’ai vu des gens très pieux dans ma famille. Dans les moments les plus douloureux, ils ont ce petit chose auquel se raccrocher. Ils ne baissent pas les bras, prient leur dieu et continuent de croire. Peu importe ce qu’il se passe.

Bien sûr il y a aussi toute la bêtise qui entoure les religions. Mais ces petits moments là. Ceux où malgré l’adversité, la peine qui se lit sur leurs visage, vous voyez aussi une certaine confiance, le courage et la force d’affronter ce qu’il se passe / va se passer.

Brève du 25 Août 2011

août 25, 2011

Je me sens mal au travail, j’ai demandé à Karen si on pouvait manger ensemble à midi parce que je n’avais pas envie d’aller manger au resto avec d’autres collègues dont certains que je n’aime pas et qui ne m’aiment pas. Elle m’a dit oui, et m’apprends maintenant qu’on sera avec deux collègues à elle bien lourds. Sur ce Nick m’appelle pour m’engueuler parce que j’ai oublié de lui rendre son portefeuille.

Journée de merde.

Les questions du moment

août 19, 2011

Notre soirée de PACS sera-t-elle réussie? Est-ce que les gens vont s’amuser, vont trouver le repas bon, en garderont un bon souvenir ? Ma chef que j’ai invité à une autre époque va-t-elle venir ? Et si oui, comment vais-je le vivre ? (très mal à mon sens)

Vais-je pouvoir me sortir de ce poste de merde dans lequel je baigne depuis plus de quatre ans maintenant? Toutes les démarches que j’ai entreprises vont-elles payer? J’en ai plus que besoin : non seulement le travail ne m’a jamais plu mais je suis dans une situation plus qu’inconfortable au niveau de ma hiérarchie. Ma chef est une ancienne collègue avec qui je m’entendais plus que bien mais qui a bien changé depuis et qui est devenue… caractérielle, pour le moins.

Et si mon changement de poste a lieu, dans le courant de l’année 2012 comme on me l’a laissé entendre (avec tout ce que cela sous-entends comme incertitude…) cela se passera-t-il bien? Arriverai-je à m’intégrer dans une nouvelle équipe, aimerai-je toujours ce métier? (ça ne pourra pas être pire qu’aujourd’hui, de toute façon).

Comment se passera l’année prochaine avec Nick?
Grande question, celle-ci. Nous avons vécus sous le même toit depuis deux ans non stop, et disons que l’année d’avant était du même topo, soit trois ans ensemble. A presque tout faire ensemble. Ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Nous allons passer à un autre régime puisque pour raison professionnelle, Nick ne rentrera pas à la maison trois soirs par semaine à partir du mois de Septembre.
Comment va-t-on aborder ce virage? Je n’ai pas de doute sur mes sentiments pour lui. En revanche, comme j’ai déjà pu l’évoquer ici, il existe un certain dédoublement de personnalité sur la notion de fidélité, entre nous. Il y a chez Nick cette façade officielle qui refuse chez moi toute forme d’attirance envers d’autres garçons, qui conchie l’infidèle et qui fait de « l’aventure » un faux pas impardonnable et destructeur. Ce qui ne me dérangerait pas plus que ça si je n’avais eu la preuve, à plusieurs reprises, d’un tout autre état d’esprit lorsqu’il est seul. Comme déjà évoqué, je sais qu’il a été infidèle virtuellement. Et je parle bien de sexe. J’ai fini par l’être aussi. Cela n’a rien changé pour moi. De l’être, et de savoir que lui l’est. Tant qu’il n’a pas de sentiments pour les autres…
Cela dit, j’ai vu dernièrement autre chose qui m’a mis mal à l’aise. Lorsque nous sommes en soirée, Nick est de plus en plus entreprenant avec nos amis masculins. J’ai toujours plus ou moins vu son manège mais ces derniers temps, il me saute encore plus aux yeux. Emmanuel s’est mis à la musculation ? (et il est vrai que ça se voit avec son T-shirt moulant) Nick use de ce prétexte pour tâter la marchandise. Quand je lui dis que cela ne m’a pas plu le soir, il me répond que ce n’était pas du tout du désir, pas de l’attirance sexuelle, mais de la curiosité. Le week-end dernier, il a poussé un de nos autres amis à se mettre à poil. Le type est un métis mesurant 1m80, militaire, musclé, vous voyez le genre. A un autre moment, il a fait semblant de l’embrasser sur la bouche. Bref, du rentre dedans. Sous prétexte de l’humour il a carrément des attitudes de drague.
En soi, pour ce qui est du physique, je ne sais pas trop quoi en penser. En revanche, ce qui me met plus mal à l’aise c’est de voir qu’il se laisse facilement envahir par son désir et que l’année prochaine il sera seul et angoissé et j’ai peur qu’à un moment ou à un autre, il se laisse charmer par un autre pour trouver du réconfort. Si ce n’est qu’un plan cul, je pense que cela ne me dérangera pas (fondamentalement, il n’y a pas de différence entre un plan cul physique et un plan cul virtuel, le résultat est le même : on s’est foutu à poil et on a joui avec un autre).
Ce qui m’inquiète plus, c’est que si c’est avec la même personne (un collègue par exemple) et de façon répétée, il y aura un jour ou l’autre des sentiments. Et là c’est une menace beaucoup plus sérieuse pour mon couple à mon sens qu’une vulgaire partie de jambes en l’air.

En dehors de ces considérations sur la fidélité, j’ai aussi tout simplement peur qu’il ne se sente pas bien étant donné la difficulté du poste qu’il prend. Ceux qui me suivent depuis plusieurs années déjà savent que Nick a un sacré passé au niveau des crises d’angoisse et je n’ai pas envie qu’il re-sombre là dedans.
Enfin, les relations où il faut régulièrement utiliser le téléphone parce qu’il n’y a pas d’autres moyen de communication ont tendance à cristalliser les moments de blues, les incompréhensions et les malentendus à l’origine de disputes. Et ça, ça ne me manquait pas.

Salut Stéphane

août 12, 2011

 

Cette nuit encore.

 

Nous nous sommes croisés dans un supermarché. Tu étais avec Alexandre. Je soupçonne qu’il y a quelque chose entre vous mais je n’arrive pas à savoir quoi.

 

Nos regards se sont croisés. J’étais seul. Tu t’es approché de moi, Alexandre est parti.

 

« Salut Stéphane.

 

-Salut Lucas »

 

Nous avons parlé un moment. Tu m’as demandé si le fait que tu passes du temps avec Alexandre me dérangeait. Je t’ai répondu que non. Que quoi qu’il y ait entre vous, j’étais content pour toi. Que je ne m’étais jamais expliqué vraiment sur mon comportement d’il y a un an et que je comprenais que tu aie pu m’en vouloir.

 

Tu m’as souris, et je t’ai expliqué que j’avais pris la décision de rester avec Nick. Que dès lors, je ne pouvais pas prendre le risque d’être tenté. Parce que tu me plais physiquement et que tu as l’air d’un gentil garçon. J’ai préféré couper court à tes tentatives de rapprochement parce que je ne me voyais pas venir chez toi en compagnie de Nick alors que tu m’as dragué et que j’y ai répondu, même si rien ne s’est jamais passé.

 

Je n’ai pas voulu parce que tu es dangereux, parce que tu m’as séduit une fois et que plus je passe de temps avec toi, plus je risque de me faire séduire à nouveau. Parce que tu me plais encore. Alors que je suis amoureux de Nick, que je vais me marier avec lui et que je n’ai pas envie de le perdre.

 

Tu as souris encore. Tu m’as dit que tu comprenais. Tu m’as pris dans tes bras, un simple geste de tendresse teinté d’une envie que tu ne peux pas cacher. Malgré Alexandre.

 

Et moi, j’ai été pris d’une violente envie de t’embrasser. Je n’y ai pas cédé. En revanche, je n’ai pas pu m’empêcher de te faire comprendre que tu me troublais toujours autant. Je me suis maudit pour ça.

 

Et puis je me suis réveillé. Troisième rêve en peu de temps sur le même sujet, avec à peu près le même scénario. L’endroit est différent, mais le fond est toujours le même.

 

Dans la vie réelle, nous continuons à nous ignorer superbement, sauf quand nous nous retrouvons vraiment face à face. Alors nous nous saluons et échangeons un sourire qui montre tout ce qui s’est passé et qui est resté en suspens pour qui sait voir. Un goût d’inachevé. Sûrement pour rien, d’ailleurs. Tous les débuts de flirt vous font voir la promesse du grand amour. Souvent trompeurs.

 

Je suis rationnel. Je sais ce que je fais avec Nick, j’en ai envie, je cerne mieux qui il est maintenant et je ne regrette pas de ne pas m’être séparé de lui. Mais j’ai beau mettre des barrières de distance pour éloigner le plus possible Stéphane de moi, j’ai toujours un pincement au cœur lorsque je le voir, et mon inconscient lutte pour que j’y repense.

Une petite bulle

août 4, 2011

Ces derniers jours, lire certains blogs m’a donné envie de me confier un peu par écrit.

Quel étrange mois que le mois d’Août. Comme tous les ans, je reviens de vacances et le reste du monde, le reste de mon monde, part à la mer, à la montagne, à l’étranger. Une impression de calme au travail alors que la charge est toujours aussi importante. Un mois vraiment particulier qui donne envie de s’évader lorsque l’on se retrouve assis le cul sur sa chaise à roulette pour gagner sa croûte.

C’est aussi un moment de l’année où j’ai du temps pour penser ce qui ne me rassure jamais vraiment. Je n’aime pas avoir trop de temps pour penser, je finis souvent par me poser des questions inutiles sur ma vie, mon travail, mes amis, ma famille, mon mari. Inutiles non pas parce que dénouées de sens, mais parce que sans réponses absolues.

Par contre, ce vieux fantasme revient systématiquement pendant le mois d’Août. Je le retrouve avec plaisir, tristesse et horreur à la fois, puisque comme tout fantasme qui se respecte, je ne le réalise pas. Parce que je pense que je ne peux pas. Parce que je pense que si je le réalise, il y aura des conséquences sur ma vie de tous les jours.

Un soir en sortant du travail, éteindre mon ordinateur. Monter dans ma voiture, démarrer, prendre la route pour mon domicile. Et puis, à un moment donné sur le trajet, prendre une sortie que je ne prends normalement pas. Rouler, rouler, le soleil, les fenêtres ouvertes, la musique et le vent. Rouler encore et atterrir dans un endroit secret, où personne ne me connaît. A la plage, ou à la campagne. Garer ma voiture, marcher un peu, m’asseoir et ne penser à rien, regarder. Sourire, trouver un endroit où m’endormir. Lire la journée entière, me laver nu dans une rivière, bronzer sans personne. Sans téléphone, coupé du monde mais pas trop, juste reculé. Ne plus penser qu’à trouver de quoi manger, passer du temps au soleil. Ne pas penser aux autres, ne pas penser aux contraintes, ne pas penser aux choses modernes, à la voiture, à la télévision, à internet, au travail, aux factures, à la rentabilité, à l’apparence.

Le fantasme que je retrouve avec plaisir parce que pendant quelques minutes, avant de revenir à la réalité, je m’évade un peu.

J’aimerais beaucoup faire ça, mais mon entourage ne comprendrait pas.

Ma famille penserait que je suis en train de faire une dépression nerveuse. Mon mari penserait que je ne l’aime plus si j’ai envie d’un moment sans personne, donc sans lui. Mes amis prendraient mal que je ne profite pas de mon temps libre pour ne pas les voir.

Alors que j’aime tous ces gens. Mais parfois, juste une petite bulle secrète d’égoisme.

Quand j’entends parler à la radio, hier, d’un prêtre qui est parti en randonnée VTT et qui a disparu, que les autorités parlent de disparition volontaire… Je peux comprendre cette envie. Je ne voudrais pas disparaître à tout jamais. Mais quelques jours. De temps en temps.

[tags boulot, évasion, vacances, fantasme]

Naïf

juillet 1, 2011

Je suis fatigué de mon travail, comme toujours, je sais, je sais. Je ne sais pas ce que j’attends pour tenter de trouver autre chose. Il faut dire que les histoires de mon entourage ne sont pas très rassurantes, entre mon frère qui galère pour trouver du travail depuis deux ans environ, ma meilleure amie et son copain qui en chient grave, ma cousine qui démissionne de son CDI pour un autre CDI et qui n’est pas gardée à la fin de la période d’essai… Du coup, j’ai l’impression que c’est beaucoup trop dangereux de chercher un autre boulot. Et puis ma boîte vient de se faire racheter et il pourrait y avoir quelques opportunités. Bref, il y a toujours une bonne raison. Mais c’est usant. De continuer à se lever tous les matins pour faire quelque chose qui m’ennuie. Et en plus sur des horaires que je ne choisi plus vraiment depuis plusieurs mois.

Et puis je suis aussi un peu fatigué de la préparation de ce PACS. Je suis un gros naïf. J’ai cru que les gens qui tapaient dans les 10 000 euros pour un mariage abusaient un peu et se faisaient vraiment plaisir. Maintenant que j’organise mon PACS, je me rends compte de la réalité. J’en suis à près de 6 000 euros et pourtant croyez-moi, il n’y a rien de fastueux. Si j’avais su ça à l’avance, je ne sais pas si j’aurais été aussi pressé de fêter cela (en même temps, il n’y a pas trop d’intérêt non plus à fêter cet évènement deux ans après l’union…).

C’est fatigant parce qu’il y a beaucoup de choses à prévoir, peu de temps pour le faire et que j’ai l’impression d’être en retard sur tout. De faire les mauvais choix. Et je n’arrive pas à voir le côté positif de tout ça. Je suis tellement stressé par la préparation que je ne profite de rien et je ne me réjouis pas de la date qui approche. Quel DJ ? Comment organiser les salles ? Comment enchaîner repas et musique ?

Et puis, Nick a enfin eu son affectation pour l’année prochaine. Et comment dire ? Il se retrouve avec un poste très difficile à gérer dont personne ne voulait loin, loin de la maison. Le point positif, c’est qu’il a réussi avec ses amies à se retrouver au même endroit, donc au moins il ne sera pas seul le soir (oui parce que donc, il ne pourra pas rentrer tous les soirs à la maison). J’ai un peu peur de l’année qui vient, je ne sais pas s’il réalise vraiment ce qui l’attends. Je crois qu’il s’en rends compte de temps en temps et qu’il panique un peu, et puis je le rassure parce que, que puis-je faire d’autre ? Alors que je me fais autant de soucis que lui. Bon, même si j’ai confiance en lui et qu’il a les capacités. Mais quand même.

Me retrouver seul à l’appart’, je ne sais pas trop quoi en penser. Parfois je me dis que ça va être dur parce que je n’ai plus l’habitude d’être tout seul et qu’il va me manquer. Parfois je me dis que c’est aussi une bonne chose, que ça force à prendre du temps pour soi. Bon, je crois surtout qu’on va voir au jour le jour. A partir de Septembre.

Bon allez, en tous les cas je suis en vacances dans une semaine, je vais surtout penser à ça. Et ne pas penser à la rentrée, donc.


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