Archive for mai 2010

Jusqu’aux vacances…

mai 31, 2010

Allez, encore 5 semaines.
Que le temps me paraît long jusqu’aux vacances… En regardant mon calendrier ce matin, j’ai pris peur parce que j’ai l’impression de n’avoir aucune journée sympa au boulot jusqu’à mes vacances. Parfois j’ai une journée de formation qui permet de souffler un peu, ou alors une journée sur mon ancien site où je peux voir des collègues que j’apprécie… Là, rien.

En parallèle, le directeur du projet sur lequel je travaille est passé dans mon bureau ce matin pour me dire qu’il avait du mal à comprendre pourquoi notre service mettait autant de temps à faire son boulot. 2 minutes auparavant, je recevais un e-mail de ma chef nous demandant de bloquer l’avancement parce que le boulot d’un autre service était trop bordélique. C’est ce qui s’appelle avoir le cul entre deux chaises.

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Un bon week-end. Trop court, à force on s’habitue aux week-ends de trois ou quatre jours. On a beaucoup mangé en famille et on a pu rester tranquille chez nous, aussi. Faire la grasse matinée (qui ne dure jamais assez longtemps), cuisiner (jusqu’à hier soir). Mais comme d’habitude je dors assez mal dans la nuit du dimanche au lundi et avec 6 pauvres heures de sommeil, tout le bénéfice du week-end s’envole. Je suis crevé et je marche au radar (tiens, un palindrome). J’ai besoin de dormir beaucoup et je n’y arrive pas. Je voudrais me coucher à 21h30 tous les soirs de cette semaine mais bonjour la vie sociale… Je ne sais pas comment faire et c’est une raison de plus d’avoir envie de ces vacances encore loin… Ah, pouvoir dormir toute une semaine…

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Cette semaine, on va enfin avoir les résultats des premières épreuves de Nick. J’ai peur putain, 3 personnes que je connais ont passé les exams cette années et toutes ont déjà eu leur résultat qui est positif: j’espère que Nick ne sera pas la statistique des négatifs. Quand je vois le niveau des gens qui l’ont eu je me dis qu’il ne serait pas normal qu’il échoue mais j’ai vraiment peur.

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En somme pas trop le moral ce lundi matin, mais rien d’étonnant à cela entre le bon week-end, la semaine de boulot qui commence mal et les vacances qui sont encore loin…

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On a senti l’été rentrer dans l’appartement

mai 25, 2010

Hier soir, ma soeur est venue manger à la maison. Les plus anciens de mes lecteurs savent déjà que je n’ai pas de sœur, mais parmi mes cousines, deux (qui sont sœurs entre elles en l’occurrence) sont très très proches. Et je les appelle donc « mes sœurs ».

Hier donc, Lara est venue. Et nous avons passé une excellente soirée tous les trois (avec Nick). Nous avons mangé gras, sucré, salé, mais bon c’était la fin du week-end alors nous avions une excuse. Nous avons allumé le narguilé à la banane et nous avons parlé, parlé, parlé. Et bon sang, ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas posés ainsi pour nous raconter un peu nos vies, nous souvenir des années précédentes, et nos projets pour l’avenir.

Le temps a passé trop vite et tout à coup c’était l’heure de tout ranger et d’aller se coucher. Mais l’ambiance était vraiment spéciale, il flottait dans l’air d’hier soir un avant goût de vacances pour nous trois. Un petit quelque chose qui semblait ouvrir des possibles, une petite bouffée d’optimisme. Alors que je suis à 6 semaines de mes vacances, que Nick est encore en période d’examens et que Lara est en stage tout l’été. Pourtant, hier soir, on a senti l’été rentrer dans l’appartement. Et aucun de nous trois n’avait envie de stopper ce moment. L’atmosphère était si particulière que ni Nick ni moi ne sommes arrivés à nous endormir avant 00h30.

Cela me rend nostalgique ce matin. Habituellement, je prends toujours mes vacances d’été au mois de Juin. Cette semaine de travail est généralement la dernière avant mes congés. Cette année, je regarde mon petit calendrier, et je vois 6 semaines avant de me reposer.

J’ai l’impression d’avoir la tête ailleurs ce matin, insouciant du travail qui me semble tellement, tellement absurde. Non je vous jure, il n’y avait que du tabac dans ce que j’ai fumé hier soir.

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J’ai vu Mamuth au cinéma ce week-end. Je n’ai pas aimé. Il y a sûrement une grande poésie dans tout ça, l’image est particulière. Mais ça ne m’a pas touché du tout.

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J’entends sans arrêt que ma mère est fatiguée en ce moment. Je lui dis et répète qu’il faut qu’elle aille voir son médecin et je ne sais pas comment elle se débrouille mais elle n’y est toujours pas allée (alors qu’habituellement elle ne se fait pas prier). Je suis un peu inquiet.

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Finalement, je vais peut-être partir en Irlande pour mes vacances d’été. Je suis content de partir un peu. Je n’aime pas passer mes vacances d’été chez moi sur toute la durée.

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Est-ce que je vais me marier avec Nick? J’ai l’impression que ça s’approche. Cela me paraît étrange de dire cela 4 mois après notre « pause » d’une semaine. Mais en Novembre prochain, cela fera trois ans que nous sommes ensemble. Et que dire? Nous avons eu des moments difficiles mais aujourd’hui je ne regrette pas de lui avoir dit « je t’aime » il y a 2 ans et demi de ça. Bien sûr il y a les petits tracas du quotidien mais quel couple n’en a pas? Si je lui proposais en Novembre prochain, pour nos trois ans? Est-ce que ça serait précipité? Voilà un peu ce que je me demande en ce moment. Mais si ça doit se faire, cela se fera d’ici un ou deux ans, c’est sûr.

La question des enfants se pose aussi, forcément. Hier soir, en parlant avec Lara, il a dit qu’il adopterait, lui. Pour ne pas que je le fasse moi. Mais il fera de moi un parent, de fait. Et moi, je ne peux pas l’empêcher d’adopter. Alors il me faudra faire un choix. On verra. J’avoue que je suis tellement indécis sur la question des enfants que cette solution est peut-être celle qui me convient le mieux. A moi de voir si je supporte vraiment d’élever un enfant au quotidien. Tout seul, je n’adopterais pas. Pour garder celui que j’aime, il me faudra accepter son enfant.

Chef, études, FAI, télé

mai 21, 2010

Bon, une fois de plus en moins de trois ans, je change de chef. C’est ma 5ème depuis que je suis dans cette boîte, sans que j’aie changé une seule fois de poste…

Cette fois, je tombe apparemment sur quelqu’un qui dit oui à tout ce que les autres services lui demandent. Je risque donc très prochainement de faire pas mal de choses qui ne concernent pas mon domaine, et je risque également de passer en horaires d’équipe.

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Nick a besoin de vacances. Il est en train de péter un câble par rapport aux épreuves qu’il a passé et dont il ne connaît toujours pas les résultats. Et je n’arrive pas à m’empêcher de penser qu’il a planté ses épreuves. Enfin pas planté mais qu’en tous cas ça ne sera pas suffisant. Ca commence à m’angoisser un peu parce que ça sera son tout premier échec scolaire et que je ne sais pas trop comment il réagira. Donc, comment je réagirai.

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J’ai décidé de changer de FAI. Je passe actuellement pas Numéricable et je commence à en avoir un peu ras-le-bol de ne pas avoir le téléphone trois ou quatre jours dans le mois. Je sais, les problèmes de connexion internet sont moins fréquents mais trois ou quatre jours de téléphone interrompu dans le mois c’est déjà beaucoup. Donc j’ai décidé de passer à Free, mon frère n’ayant jamais eu de problème avec eux. Je sais qu’il va me falloir m’armer de patience vu qu’il faut ouvrir une ligne France Télécom mais comme ça ne passe pas par le même réseau que Numéricable, je ne suis pas obligé de résilier mon forfait actuel. Je n’aurais donc normalement pas de coupure internet et téléphone.

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On a tenté de regarder « Dilemme » hier soir sur W9. Ca n’était pas notre premier choix à la base (on préfère largement « Envoyé Spécial » mais ça n’était pas programmé hier soir) mais il n’y avait finalement rien qui nous intéressait. Le premier candidat masculin à rentrer dans leur loft était Kévin. Premier dilemme : tu rentres nu et tu gagnes 5000€. Ahem…

La télé réalité française a ce paradoxe : elle veut choquer et faire du trash. Sauf que le Kévin en question a bien quitté ses vêtement mais avec un pagne recto et verso. Donc la télé réalité française est surtout ridicule. Elle veut faire de l’audience sans assumer son statut d’émission poubelle.

On a tenu 10 minutes. Finalement, on a éteint la télé.

En attendant que les minutes s’écoulent

mai 19, 2010

C’est dingue, j’aurais très bien pu me taire et glander toute la journée sans que personne ne s’en rende compte mais non. J’ai été honnête et j’ai prévenu ma supérieure il y a déjà deux semaines que j’avais réussi à prendre de l’avance sur mon planning et que j’étais prêt à aider ma collègue qui en avait besoin.

J’ai d’ailleurs été bien gentil puisque je sors tout juste d’une période très éprouvante niveau boulot et que la collègue en question n’a pas été d’un soutien formidable…

Bref, j’ai prévenu, ma supérieure m’a dit « très bien très bien, vois avec ta collègue si elle veut de l’aide sur un sujet en particulier ». J’ai donc été voir ma collègue qui m’a répondu que non non, et que d’ailleurs si ça ne venait pas directement de sa chef, elle ne me donnerait pas de boulot.

Donc je me retrouve dans une situation inédite où j’ai un creux dans mon activité, où je le signale, où la personne à côté de moi déborde d’activité, mais où je n’ai toujours rien à faire…

Bilan : je suis depuis ce matin payé à ne rien faire. Et vu le retard que prennent les gens qui bloquent mon activité, ça risque d’être toute la semaine comme ça. Par contre, je sens bien venir le truc, dès que ça va se débloquer on va me demander de faire des heures supp’. J’en ai marre de cette boîte (mais ça je crois que vous l’aurez compris).

Dans ces cas là, je rêve qu’on me dise que je suis autorisé à rentrer chez moi et à profiter de mon temps plutôt que d’être obligé à rester le cul vissé sur ma chaise à fixer un écran qui m’abîme les yeux en attendant que les minutes s’écoulent. Parce qu’encore, avant je pouvais surfer sur internet et m’occuper. Mais dans mon tout nouveau et magnifique bureau, je suis en open space. Donc, impossible de faire autre chose que du tableur ou des mails… Bonjour l’occupation!

Je vous jure, c’est vraiment usant pour les nerfs d’être tout le temps aux extrêmes : soit submergé de travail, soit sans travail. La deuxième situation peut paraître plus confortable, mais bon sang les journées paraissent tellement longues.

Je blogue, c’est déjà ça

mai 17, 2010

Voilà, un week-end de plus qui passe.
Evidemment, un week-end de 4 jours laisse plus de traces qu’un week-end classique. Le retour est beaucoup plus dur. Le blues du dimanche soir aussi d’ailleurs. Hier soir avec Nick, nous étions dans le même état et ne pensions qu’à une chose : nos prochaines vacances. Enfin, ça paraît quand même assez ridicule parfois : trois pauvres semaines dans l’année pour l’été, deux semaines pour l’hiver et un jour de ci de là le reste de l’année…

Oui bon je sais, on est pas mal logés non plus.
Mais voilà, je me fais chier au boulot. Mais genre grave chier. Faut que je change. Que je passe à un truc plus pratique, plus manuel. Ou alors changer carrément, reprendre des études, faire de la sociologie par exemple.
Parce qu’hier je réalisais que mon boulot n’est ni plus ni moins que de la correction, encore, toujours. Passer derrière les autres et vérifier. Et corriger. Et re-vérifier. Et re-corriger. Et en tant que correcteur, se prendre toutes les critiques s’il reste quelque chose de mauvais.

Et très franchement, ce n’est pas du tout pour ce métier que je suis fait. Et mon parcours scolaire ne me destinait d’ailleurs pas à ça. C’est un pur hasard de la vie finalement. Une erreur de nom sur un CV et pouf, je me suis retrouvé sur une activité annexe à mon activité principale. Mais c’était un CDI et ça… Ca ne se refusait pas pour moi à l’époque. D’ailleurs c’est sûrement mieux, vu les collègues en CDD ou intérim que j’ai croisé, j’ai peut-être eu beaucoup de chance de tomber sur un CDI dès mon troisième poste. Mais le fait est que lorsqu’on me l’a proposé, je savais déjà que j’allais sans doute me faire chier. Que je n’avais pas la formation pour le poste. Et que si je n’avais pas la formation, c’est simplement que je n’avais pas fait les études adéquates. Parce que je ne voulais pas faire ce métier là.

Et voilà. Lundi matin, assis derrière mon écran, à bloguer plutôt que bosser. A cause d’un boulot qui m’ennuie plus que profondément.
Alors bien sûr, le CDI a aussi eu l’avantage de beaucoup m’aider dans l’acquisition d’un appartement. Mais maintenant que je l’ai, je voudrais changer d’emploi comme je l’ai dit plus haut. Retourner à ce pour quoi j’ai fait des études. Le seul tout petit souci, c’est que le marché du travail est complètement mort. En un mois entier, j’ai vu beaucoup d’annonces : -des annonces pour des postes qui n’ont rien à voir avec mon domaine
-des annonces qui ont tout à voir avec mon domaine mais pour des niveaux d’études trop élevés
-des annonces qui ont tout à voir avec mon domaine et avec mon niveau d’études mais en CDD ou intérim
-1 annonce qui a tout à voir avec mon poste actuel mais bon, je me suis dit qu’un peu de changement ne ferait pas de mal (ça n’a rien donné)

Par contre, aucune annonce dans mon domaine, avec mon niveau d’études, et en CDI. Et quand je dis un mois entier, en fait ça va bientôt faire trois mois.

Trois mois, rien.

Alors c’est vrai que ce matin, pour reprendre le boulot, j’avais plutôt le moral dans les chaussettes. Et je ne sais pas trop comment se passeront les prochains mois vu que je n’ai plus aucun regain de motivation depuis des mois, que je m’ennuie, que l’ambiance ici est pourrie, hypocrite.

Enfin, au moins je blogue, c’est déjà ça…

Désir d’enfants

mai 13, 2010

J’ai voulu des enfants.
Je n’en veux plus.

Voilà je pense LE sujet qui risque de poser problème dans mon couple dans les années à venir.
Depuis une grosse vingtaine d’années j’ai clamé haut et fort que même si j’étais gay, je voulais des enfants. Que je ne voyais pas le problème, que j’avais le même amour à apporter à un enfant, les mêmes capacités que les autres, si ce n’est plus vu le combat que j’allais devoir mener pour avoir une descendance.

Oui mais voilà, il y a deux ans, j’ai commencé à douter de tout cela. Au départ, je n’ai pas douté de moi, mais des autres. Je me suis rappelé comme j’avais souffert de ma différence à l’école, au collège, au lycée. Une différence que je n’avais pas choisie, mais que j’étais obligé de vivre tous les jours. Et je me suis dit « veux-tu imposer une différence à un enfant? ». Mes parents n’ont pas choisi que je sois différent. Mais en tant que parent en devenir, j’ai le choix : avoir un enfant et lui imposer une différence (celle d’avoir deux papa) ou ne pas imposer de différence et renoncer à mon désir d’enfant.

La question était claire : pourrais-je supporter de voir mon enfant rentrer le soir en pleurant parce qu’on s’est moqué de lui? Parce qu’on l’a tapé? Pourrais-je supporter la culpabilité d’avoir voulu aller au bout de mon désir d’enfant à ce moment là?

Je crois que la réponse est non. Parce que dans ma tête, ce sera moi le coupable du malheur de cet enfant.
Evidemment, ce n’est pas le cas. Les responsables, ce sont les homophobes ordinaires, les messieurs et mesdames tout le monde qui estiment qu’un couple gay ou lesbien ne peut pas avoir d’enfants. Ce sont les gens qui mettent dans la tête de leurs enfants que les homosexuels doivent brûler en enfer et si possible, avant sur terre.
Certes.
Mais j’ai justement la possibilité d’éviter tout ça à cet hypothétique enfant. En décidant de ne pas en avoir.

Et le dilemme toujours. Parce que si l’on veut un jour que les homosexuels puissent vraiment avoir des enfants comme tout le monde, alors il faudra bien que certains le fassent malgré tout au début.

Avec les années, je me suis réfugié derrière d’autres arguments qui parfois, à force de les répéter, me paraissent être acceptables. Que les enfants ça prends du temps, ça coûte cher, c’est pour la vie, c’est une énorme responsabilité, etc. En l’espace de deux ans, j’ai officiellement complètement changé d’avis sur la question. Je n’en veux plus. Au fond de moi pourtant, si j’avais la certitude qu’il ne subirait pas ces brimades, au moins celles là que je peux lui éviter, alors j’aurais toujours le désir d’un enfant.

En attendant, Nick lui en veut un. On s’est déjà disputé plusieurs fois à ce sujet. Et je sais qu’un jour ou l’autre, malgré tout l’amour qu’on a l’un pour l’autre, cette question risque de nous faire très mal.

Mon vœu pour cette année 2010 (je n’en avais pas encore fait…) : que les gens ne tolèrent pas la différence des autres, mais qu’ils l’acceptent. Tolérer n’est pas suffisant.

Lettre à un disparu

mai 11, 2010

Bonjour M.

Aujourd’hui, cela fait un an que tu as décidé de t’en aller. J’ai beaucoup, beaucoup pensé à toi durant cette année. Certainement pas autant que tes parents et ta famille bien sûr, mais très souvent.

Un an que tu es sorti de nos vies.
Je me souviens quand je t’ai rencontré pour la première fois. Tu avais l’air d’un jeune homme timide. Et tu l’étais d’ailleurs, en tous cas au travail.

Tu étais surtout perdu. Je me suis retrouvé dans beaucoup de ce que tu disais. Ca m’a d’ailleurs fait un peu peur il y a un an.

Je me souviens que quand nous discutions, tu disais que tu avais choisi ce métier par défaut. Qu’il ne t’intéressait pas particulièrement. Mais qu’au fond, même si tu avais eu le choix, tu ne sais pas vraiment ce que tu aurais voulu faire. Tu disais que ce monde te semblait un peu fou. Et tu n’arrivais pas à comprendre comment une collègue comme Amélie puisse arriver à dire que son bonheur, c’était de lire un livre pendant une demie heure, une fois sa journée de boulot fini, le repas prêt, les enfants couchés. « Une demie heure? Comment peut-elle dire qu’elle est heureuse? Elle n’a qu’une demie heure à elle par jour? ».

Tu ne comprenais pas pourquoi les gens courent tous après le schéma boulot-famille-maison alors que tous sont malheureux lorsqu’ils ont cela.

A cette époque, quand nous parlions, il y avait un échange. Nous rigolions tous ensemble dans le bureau.

Et puis, tout a changé. On ne t’a pas laissé beaucoup de temps pour maîtriser ton poste. Et toi qui jusque là avait réussi sans trop d’encombre ton parcours, tu as buté. La seule chose que tu avais l’impression de maîtriser a vacillée. Sans doute la chose qui te permettait d’avoir l’impression d’être comme les autres.

Je ne vais pas me permettre de juger si on t’a trop mis la pression ou pas. Ce n’est pas mon rôle. Le fait est que tu as souffert. Et qu’un jour…

Et qu’un jour, le 11 mai 2009, l’absurdité du monde t’as paru trop lourde. Ton travail t’a paru trop malsain. A tel point que tu n’as tout simplement pas pu te mettre au volant pour te rendre jusqu’à ton lieu de travail.

A la place, tu as refermé la voiture et certainement suite à une énième bouffée d’angoisse face à tout cela – la bouffée de trop – tu as décidé que la vie dans ce monde là n’était plus supportable.

C’est peut-être ce qui m’a fait le plus souffrir dans ton geste. C’est que j’ai peur que ce ne soit pas une décision apaisée. Et l’idée que tu aie pu faire ça en te sentant si seul, si incompris, si angoissé, me bouleverse et me donne envie de pleurer. Même après une année entière.

Ici, les choses n’ont pas vraiment changées. Ce monde va toujours aussi mal et au travail, des leçons n’ont pas été tirées. J’espère en tous cas que là d’où tu es maintenant, les choses sont plus simples et ont plus de sens.

On ne t’oublie pas.

Pétunia

mai 5, 2010

J’ai une collègue assez drôle là où je travaille maintenant.
Pétunia doit avoir la cinquantaine, c’est une célibataire qui le vit bien et qui vit vraiment dans sa bulle.
Au boulot, elle passe pour la niaise de service, chiante au possible et – horreur ! – elle est syndiquée.

Mais en fait, si tu la connais un peu plus Pétunia, elle est plutôt chouette.
Déjà, tu la connais pas mais elle te prends sous son aile. T’as besoin d’une fourniture? Pétunia te la donne. Même si tu n’es pas dans son service. T’as besoin de papoter deux minutes pour souffler un peu? Pétunia est toujours là pour te changer les idées.

Bon, effectivement ce n’est pas la plus grande bosseuse que la Terre ait portée. Mais elle est humaine et dans l’ambiance actuelle sur mon lieu de travail, ça fait vraiment du bien.

L’autre jour je mangeais avec elle et elle me racontait qu’elle partait toujours en vacances toute seule parce que pour elle, les vacances c’est sans concessions.

« Ah oui parce que tu comprends hein, on se fait déjà assez chier dans l’année au boulot, alors quand je suis en vacances hein, j’aime bien pouvoir me reposer si j’ai envie de me reposer, aller visiter si j’ai envie de visiter, et faire la gueule si j’ai envie de faire la gueule. Au moins, en partant toute seule, je fais chier personne et je rencontre toujours des gens sympa. Et puis quand t’es à l’étranger, c’est toujours mieux pour découvrir les populations : les gens ils t’invitent plus facilement si t’es seule que si tu fais partie d’un groupe de quinze! »

Elle m’a raconté aussi comment, à 25 ans, elle voyait tous ses patrons partir sans arrêt aux USA. Pour elle, ça représentait une réussite de partir là-bas, c’est qu’on avait eu ce qu’on voulait dans la vie. Donc un jour, à force de se dire qu’elle n’irait jamais là-bas, elle a donné sa démission et elle est partie vivre illégalement là-bas 🙂 Elle m’a raconté ses deux ans de galère et son retour en France, sans sécurité sociale, sans appart, sans argent…

Ah franchement, ça fait du bien de croiser des gens comme ça de temps en temps.