Posts Tagged ‘déprime’

La fosse à purin daubée

décembre 1, 2011

Comment décrire la situation simplement?

Dans mon service actuel, il y a ma chef, ma collègue et moi.

Il y a une chose que je n’ai pas dite ici, pas encore. Pour ne pas me porter malheur, je n’ai pas voulu trop y croire au début, à peine l’ai-je twitté. J’ai passé un entretien pour un poste en laboratoire qui m’intéresse beaucoup plus en interne. Si vous êtes déjà passé par chez moi, premièrement vous êtes sûrement un peu masochiste, et deuxièmement vous savez certainement quel est mon ressenti par rapport à mon poste actuel : le dégoût. Je souhaite depuis presque deux ans retourner en laboratoire, je me prends des claques et malheureusement pour moi plus le temps passe et plus je perds mon « savoir-faire » technique. Donc pour résumer, plus j’attends avant de repasser en labo, moins j’ai de chance d’y aller. Soyons clairs, pour des postes en CDI en dehors de ma boîte, c’est déjà mort depuis plus d’un an. Il me restait les postes en interne. Plusieurs candidatures, plusieurs claques « c’est très bien de vouloir faire ça, on t’y encourage, mais on ne te prends pas ».

Et puis, à force d’acharnement, j’ai enfin réussi à convaincre quelqu’un. Puis quelqu’un d’autre. Et encore un autre. Et au final, ces personnes ont fait en sorte qu’on me donne vraiment ma chance. Ca s’est traduit par une offre interne à laquelle j’ai postulé et qui s’est soldée par un entretien au cours duquel on m’a dit « c’est toi qu’on va prendre pour cette mission, et si possible on te garde après ».

Incroyable. Formidable. Génial.

Bon, sauf que. En fait, cette mission correspond à un remplacement parce que quelqu’un part du laboratoire pour aller dans un autre service. Le futur chef de cette personne tire très fort pour l’avoir tout de suite à temps complet. Bien logiquement, ma future chef ne veux pas le laisser partir tant que son remplaçant, c’est à dire moi, n’est pas arrivé. Vous commencez à comprendre? Donc moi, normalement, je devais commencer fin Novembre. Mais il faut quelqu’un pour me remplacer moi. Et c’est là que ça commence à coincer. Parce que mon remplaçant et bien il se fait attendre. Pourquoi? Parce qu’on va piquer dans un autre service. Qui devra trouver un remplaçant à mon remplaçant. Ahem.

C’est tout une cascade de remplacement qui s’est mise en place. Le problème c’est qu’au début de la chaîne, le premier commence à perdre patience de voir que son recrutement n’arrive pas. Et que, le connaissant, je sais que très bientôt, il parviendra à récupérer son recrutement. La personne que je dois remplacer donc. Or, ma chef actuelle ne me laissera pas partir tant que je n’aurai pas formé mon remplaçant. Aujourd’hui j’ai eu une discussion avec ma chef. Elle m’a annoncé que dans le meilleur des cas, mon transfert pourrait se faire fin Janvier. SI mon remplaçant est disponible rapidement et déjà en partie formée (ça dépendra de quelle personne est choisie en interne). Donc, chef actuelle me dit « au mieux Janvier ». Alors que future chef me dit « nous on a besoin de quelqu’un  MAINTENANT ».

Ca semble déjà moins bien parti hein? Bon, pourtant les postes sont déjà plus ou moins officialisés donc si ça peut se faire d’ici fin Janvier, ça devrait passer. Mais si ma chef actuelle n’a pas la personne qu’elle souhaite pour mon remplaçant, il se pourrait que ça ne soit pas avant début Mars.

Ah, et donc pour m’achever, ma collègue de mon service (rappelez-vous ce que j’ai dit au tout début : Dans mon service actuel, il y a ma chef, ma collègue et moi. ) cette collègue donc, est en CDD. Elle vient d’être reconduite jusqu’à début 2013. Hmm, mais cette collègue me parle de cette boîte concurrente FORMIDABLE chez qui elle a bossé avant et qu’elle rêve de ré-intégrer depuis un an qu’elle est arrivée. Oh, et bien bonne nouvelle, elle passe un entretien pour un CDI dans cette boîte courant Décembre. Elles ne sont plus que deux à être en lice pour le poste. L’autre est une inconnue pour la boîte, ma collègue elle a presque un mémorial dressé dans le service où elle postule.

Vous sentez comme soudainement l’ivresse de joie que j’ai pu ressentir il y a quelques semaine s’évapore? Concrètement, je tarde de plus en plus à arriver sur un poste ou bientôt il n’y aura plus personne, et donc vraiment besoin de quelqu’un. On ne me laisse pas partir car dans le service, sous ma chef, nous ne sommes que 2. Et que si l’un des 2 part, il faut absolument former le remplaçant. Et ma collègue a de fortes chances de se voir proposer un CDI dans les prochaines semaines. Un service sans plus personne de formé, ça n’est pas possible. Donc, qui voit venir la claque ultime consistant à ENFIN avoir été retenu pour LE poste qu’il voulait et se voir finalement signifier qu’il va rester à sa place, sa place puante de merde, sa raclure de chiasse, sa fosse à purin daubée par les dépressions, les craquages, les hurlements, les engueulades, le suicide, la mort?

Allez, sans déconner, le destin, Dieu, tout ce que tu veux… Tu peux me laisser partir sur mon nouveau poste?

Pitié.

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Brève du 25 Août 2011

août 25, 2011

Je me sens mal au travail, j’ai demandé à Karen si on pouvait manger ensemble à midi parce que je n’avais pas envie d’aller manger au resto avec d’autres collègues dont certains que je n’aime pas et qui ne m’aiment pas. Elle m’a dit oui, et m’apprends maintenant qu’on sera avec deux collègues à elle bien lourds. Sur ce Nick m’appelle pour m’engueuler parce que j’ai oublié de lui rendre son portefeuille.

Journée de merde.

Le sourire de la poupée

mars 3, 2011

Et voilà.

J’ai l’impression d’être une de ces poupées qui ont un sourire figé sur le visage. On leur met de violentes claques dans la figure et, impassible, elles continuent de sourire. Elles n’ont pas le choix, elles ne peuvent pas faire autrement, elles sourient malgré les claques parce qu’elles ne peuvent pas faire autre chose.

Hier, je me suis mangé une claque qui m’a touché jusqu’au fond. Une autre de ces claques qui m’a fait mal. Profondément. Je ne les compte plus. J’ai pris l’habitude de continuer à sourire à la vie en espérant qu’un jour les choses changent.

Comme vous avez déjà pu le lire ici, je ne supporte plus mon travail. Cela fait maintenant un an que j’ai changé de site. Que je suis arrivé là où je suis pour démarrer une usine toute neuve. Déjà avant le changement, mon travail m’ennuyait. En arrivant, je suis passé en mode projet, l’usine démarrait, tout le monde était très, très, stressé, on nous mettait une pression folle, on se prenait des brasses (combien de collègues sont venus pleurer dans mon bureau), des menaces (si tu n’as pas signé ce soir, demain je t’envois la direction), et l’on m’a collé sur des processus que je ne maîtrisais pas.

Il y a un an, j’ai réalisé que quel que soit le contexte, je ne supportais plus mon travail. Que cette pression aurait peut-être été supportable si j’avais aimé mon travail. Alors je me suis dit que je devrais retourner à mon job initial, celui pour lequel j’avais fait mes études. J’ai atterri sur mon poste actuel par un complet hasard. Il ne correspondait pas à ma formation (enfin, disons de très loin en fait) mais restait dans ma « sphère » de connaissance. Et surtout, c’était un CDI.

Sauf que, deux ans et demi après mon diplôme, ça allait être difficile de me faire embaucher comme ça ailleurs.

Et puis, il y a quelques semaines, une offre en interne correspondant à ce que j’attends paraît. Un an après mon arrivée. Imaginez ma joie. Imaginez-la bien. Pour le contexte: je suis arrivé en Mars 2010 et l’usine était sur le point de démarrer. Nous sommes en Mars 2011, l’usine n’a pas démarrée, mais c’est de nouveau pour ce mois ci. Un an de retard. Imaginez la pression.

Bref, j’ai postulé. J’ai passé un entretien, j’ai prévenu ma hiérarchie de mon souhait de partir. Ils étaient d’accord. Le responsable de mon futur service avait l’air de trouver ma candidature intéressante mais il m’a prévenu : « ça fait longtemps que tu n’as pas été sur un poste similaire ».

Il a téléphoné hier soir. Et il m’a dit que ma candidature était géniale. Très motivée. Qu’il était très embêté parce qu’il ne voulait pas que je me décourage. Mais que pour cette mission de six mois, il préférait quelqu’un qui avait travaillé récemment dans ce domaine.

Alors j’ai repris mon sourire de poupée, je suis allé dire à tous les gens qui avaient croisé les doigts pour moi que, non, je n’avais pas le poste. J’ai dit que « non bien sûr, je ne me décourage pas, tu me connais! ». Mais bien sûr que oui je me décourage.

Parce que ça fait trois ans et demi que je n’ai pas été sur un poste pareil. Et que dans six mois (temps probable avant une nouvelle offre interne) cela fera quatre ans. Il faut être réaliste. Plus personne ne voudra de mon profil pour un poste comme celui là.

Alors, le job que je voulais faire, celui qui me motivait un minimum, celui pour lequel j’ai fait mes deux ans d’étude post bac avec un réel plaisir, ce job là, j’ai appris hier que je pouvais certainement faire une croix dessus. Pour toujours.

Et ce matin, je reviens à 7h30 m’asseoir sur ma chaise pour faire mon boulot de tous les jours, que j’ai en horreur depuis un an. Ce travail qui m’ennuie, profondément, qui me stresse, énormément. Et comment dire? J’ai l’impression d’être enfermé dans cette prison. J’ai cru avoir trouvé une scie pour couper les barreaux, et voilà que cette scie tombe en poussière.

Alors, comme je ne sais pas faire autre chose, je remets mon sourire sur mon visage de poupée, et je prétends que tout va bien. Hier soir, j’ai parlé un peu de tout ça à Nick, version édulcorée bien sûr. Il m’a regardé, a sans doute compris que c’était plus profond et m’a dit « tu ne devrais peut-être pas passer à autre chose aussi vite si ça te contrarie. Ca nous rattrape tu sais? »

« Je sais » dit la poupée.

Jusqu’aux vacances…

mai 31, 2010

Allez, encore 5 semaines.
Que le temps me paraît long jusqu’aux vacances… En regardant mon calendrier ce matin, j’ai pris peur parce que j’ai l’impression de n’avoir aucune journée sympa au boulot jusqu’à mes vacances. Parfois j’ai une journée de formation qui permet de souffler un peu, ou alors une journée sur mon ancien site où je peux voir des collègues que j’apprécie… Là, rien.

En parallèle, le directeur du projet sur lequel je travaille est passé dans mon bureau ce matin pour me dire qu’il avait du mal à comprendre pourquoi notre service mettait autant de temps à faire son boulot. 2 minutes auparavant, je recevais un e-mail de ma chef nous demandant de bloquer l’avancement parce que le boulot d’un autre service était trop bordélique. C’est ce qui s’appelle avoir le cul entre deux chaises.

***

Un bon week-end. Trop court, à force on s’habitue aux week-ends de trois ou quatre jours. On a beaucoup mangé en famille et on a pu rester tranquille chez nous, aussi. Faire la grasse matinée (qui ne dure jamais assez longtemps), cuisiner (jusqu’à hier soir). Mais comme d’habitude je dors assez mal dans la nuit du dimanche au lundi et avec 6 pauvres heures de sommeil, tout le bénéfice du week-end s’envole. Je suis crevé et je marche au radar (tiens, un palindrome). J’ai besoin de dormir beaucoup et je n’y arrive pas. Je voudrais me coucher à 21h30 tous les soirs de cette semaine mais bonjour la vie sociale… Je ne sais pas comment faire et c’est une raison de plus d’avoir envie de ces vacances encore loin… Ah, pouvoir dormir toute une semaine…

***

Cette semaine, on va enfin avoir les résultats des premières épreuves de Nick. J’ai peur putain, 3 personnes que je connais ont passé les exams cette années et toutes ont déjà eu leur résultat qui est positif: j’espère que Nick ne sera pas la statistique des négatifs. Quand je vois le niveau des gens qui l’ont eu je me dis qu’il ne serait pas normal qu’il échoue mais j’ai vraiment peur.

***

En somme pas trop le moral ce lundi matin, mais rien d’étonnant à cela entre le bon week-end, la semaine de boulot qui commence mal et les vacances qui sont encore loin…

Je blogue, c’est déjà ça

mai 17, 2010

Voilà, un week-end de plus qui passe.
Evidemment, un week-end de 4 jours laisse plus de traces qu’un week-end classique. Le retour est beaucoup plus dur. Le blues du dimanche soir aussi d’ailleurs. Hier soir avec Nick, nous étions dans le même état et ne pensions qu’à une chose : nos prochaines vacances. Enfin, ça paraît quand même assez ridicule parfois : trois pauvres semaines dans l’année pour l’été, deux semaines pour l’hiver et un jour de ci de là le reste de l’année…

Oui bon je sais, on est pas mal logés non plus.
Mais voilà, je me fais chier au boulot. Mais genre grave chier. Faut que je change. Que je passe à un truc plus pratique, plus manuel. Ou alors changer carrément, reprendre des études, faire de la sociologie par exemple.
Parce qu’hier je réalisais que mon boulot n’est ni plus ni moins que de la correction, encore, toujours. Passer derrière les autres et vérifier. Et corriger. Et re-vérifier. Et re-corriger. Et en tant que correcteur, se prendre toutes les critiques s’il reste quelque chose de mauvais.

Et très franchement, ce n’est pas du tout pour ce métier que je suis fait. Et mon parcours scolaire ne me destinait d’ailleurs pas à ça. C’est un pur hasard de la vie finalement. Une erreur de nom sur un CV et pouf, je me suis retrouvé sur une activité annexe à mon activité principale. Mais c’était un CDI et ça… Ca ne se refusait pas pour moi à l’époque. D’ailleurs c’est sûrement mieux, vu les collègues en CDD ou intérim que j’ai croisé, j’ai peut-être eu beaucoup de chance de tomber sur un CDI dès mon troisième poste. Mais le fait est que lorsqu’on me l’a proposé, je savais déjà que j’allais sans doute me faire chier. Que je n’avais pas la formation pour le poste. Et que si je n’avais pas la formation, c’est simplement que je n’avais pas fait les études adéquates. Parce que je ne voulais pas faire ce métier là.

Et voilà. Lundi matin, assis derrière mon écran, à bloguer plutôt que bosser. A cause d’un boulot qui m’ennuie plus que profondément.
Alors bien sûr, le CDI a aussi eu l’avantage de beaucoup m’aider dans l’acquisition d’un appartement. Mais maintenant que je l’ai, je voudrais changer d’emploi comme je l’ai dit plus haut. Retourner à ce pour quoi j’ai fait des études. Le seul tout petit souci, c’est que le marché du travail est complètement mort. En un mois entier, j’ai vu beaucoup d’annonces : -des annonces pour des postes qui n’ont rien à voir avec mon domaine
-des annonces qui ont tout à voir avec mon domaine mais pour des niveaux d’études trop élevés
-des annonces qui ont tout à voir avec mon domaine et avec mon niveau d’études mais en CDD ou intérim
-1 annonce qui a tout à voir avec mon poste actuel mais bon, je me suis dit qu’un peu de changement ne ferait pas de mal (ça n’a rien donné)

Par contre, aucune annonce dans mon domaine, avec mon niveau d’études, et en CDI. Et quand je dis un mois entier, en fait ça va bientôt faire trois mois.

Trois mois, rien.

Alors c’est vrai que ce matin, pour reprendre le boulot, j’avais plutôt le moral dans les chaussettes. Et je ne sais pas trop comment se passeront les prochains mois vu que je n’ai plus aucun regain de motivation depuis des mois, que je m’ennuie, que l’ambiance ici est pourrie, hypocrite.

Enfin, au moins je blogue, c’est déjà ça…

J’ai mal au travail

avril 1, 2010

Je déteste travailler sur un projet, je déteste ça.

Surtout quand on arrive deux ans après le démarrage, que notre service n’a pas été représenté depuis le début, et que le projet a plus de six mois de retard. Et qu’évidemment, les responsables mentent à leurs chefs sur les dates de fin pour ne pas se faire enguirlander. Et que donc, la pression est considérable.

Depuis un mois que je suis arrivé dans cette merde, j’ai la boule au ventre tous les matins. Les larmes aux yeux au moins une fois par jour. Le désespoir m’envahit tous les matins quand je m’assois sur ma chaise, en face de mon écran. Tous les matins. Je me dis que je ne vais pas supporter cette situation bien longtemps. Cette sensation de malaise, de tristesse. Mon travail me rend malade et je le sais très bien. Pendant quelques jours, c’est allé mieux lorsque j’ai mis mon CV à jour et que je l’ai balancé un peu de partout. Mais la réalité du marché du travail me rattrape. Il n’y a rien, rien de rien. Alors grandit la perspective que je vais devoir rester là où je suis malgré le malaise grandissant qui m’envahit. Et ça me terrifie et me décourage.

Ma boîte m’a abîmé, et peut-être plus que je ne le pensais.

Hier, j’ai appris une nouvelle qui il y a quelques mois encore m’aurait rempli de joie. J’aurais eu envie de sauter au plafond et de célébrer ça. A la place, je suis resté comme un bout de caillou, complètement froid. La nouvelle a glissé sur moi. La promotion que l’on me promet depuis deux ans a enfin été validée. Mais je m’en moque… C’est beaucoup trop tard et là où j’aurais pu voir une reconnaissance il y a quelques mois, je ne vois qu’une façon de plus de m’enfoncer encore plus loin dans toute cette merde. Je les vois déjà me dire « maintenant que vous avez ce statut, vous devez également faire ça, ça et puis ça… ». Ca aurait été avec plaisir… Avant.

Je veux changer de travail, je veux partir, je ne suis pas bien là où je suis. Je n’aime pas ce que je fais, je ne me sens pas à ma place, je ne maîtrise pas ce que je fais. Et pourtant, on me force à le faire et l’on me fait comprendre que si ça n’est pas fait rapidement et parfaitement, j’en entendrais parler. Je n’ai plus personne à qui parler franchement, et je n’ai plus d’espoir non plus sur mon travail. Mais j’ai l’impression d’être condamné à continuer et ça commence à sérieusement me miner le moral.