Posts Tagged ‘gay’

Un cliché de plus

août 16, 2010

Je me rends compte que plus les années passent, plus je deviens gay. Sans le chercher d’ailleurs. Je ne cherche pas à l’afficher ou à revendiquer quoi que ce soit. C’est juste comme ça.

Je m’habille de plus en plus coloré et je tire parfois sur le « fashion victim » (même si je suis loin d’être un certain personnage de télé-réalité actuellement à l’écran). Je me suis mis à aimer m’acheter des fringues et à les porter.

J’assume de plus en plus mes goûts musicaux caricaturaux : Mylène Farmer, Madonna, Kylie Minogue, Lady Gaga, etc. J’aime, ça ne se discute pas. Je ne fais pas exprès. Je ne m’en cache pas.

Avoir un piercing à l’arcade sourcilière me fait de plus en plus envie. J’ai toujours voulu avoir un piercing et avec mon visage, l’arcade sourcilière rendrait bien. Ca n’est pas moi qui le dit (bien que je le pense) mais mes amis. Et la question était « quelle partie du visage conviendrait le mieux? » donc la question n’était pas orientée. Mais bon, un cliché de plus quoi. Encore une fois sans le vouloir. Cela dit, à cause de mon travail je ne pourrais sans doute jamais réaliser ce point.

La question du milieu gay aussi. J’en avais horreur avant. Maintenant, aller en boîte ou bar gay m’amuse plus que cela ne m’énerve. J’ai appris à prendre du recul face à ce milieu souvent narcissique et superficiel.

Et puis la fidélité. J’ai de plus en plus de mal à la définir (bon attention hein, vu les articles que j’ai écris dernièrement on pourrait croire que je trompe Nick à tire larigot : ce n’est pas le cas). Non que je souhaite commettre une infidélité mais quand j’entends des discussions sur le sujet, je réfléchis à cet acte et je me rends compte que je ne sais pas dans quelle situation je me sentirais trompé ou dans quelle situation j’aurais l’impression de tromper l’autre.

Enfin bref, tout pleins de domaines dans lesquels j’ai beaucoup changé. Je pense que si mon moi d’il y a 5 ans me croisait, il ne pourrait pas croire qu’il s’apprête à changer autant.

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Désir d’enfants

mai 13, 2010

J’ai voulu des enfants.
Je n’en veux plus.

Voilà je pense LE sujet qui risque de poser problème dans mon couple dans les années à venir.
Depuis une grosse vingtaine d’années j’ai clamé haut et fort que même si j’étais gay, je voulais des enfants. Que je ne voyais pas le problème, que j’avais le même amour à apporter à un enfant, les mêmes capacités que les autres, si ce n’est plus vu le combat que j’allais devoir mener pour avoir une descendance.

Oui mais voilà, il y a deux ans, j’ai commencé à douter de tout cela. Au départ, je n’ai pas douté de moi, mais des autres. Je me suis rappelé comme j’avais souffert de ma différence à l’école, au collège, au lycée. Une différence que je n’avais pas choisie, mais que j’étais obligé de vivre tous les jours. Et je me suis dit « veux-tu imposer une différence à un enfant? ». Mes parents n’ont pas choisi que je sois différent. Mais en tant que parent en devenir, j’ai le choix : avoir un enfant et lui imposer une différence (celle d’avoir deux papa) ou ne pas imposer de différence et renoncer à mon désir d’enfant.

La question était claire : pourrais-je supporter de voir mon enfant rentrer le soir en pleurant parce qu’on s’est moqué de lui? Parce qu’on l’a tapé? Pourrais-je supporter la culpabilité d’avoir voulu aller au bout de mon désir d’enfant à ce moment là?

Je crois que la réponse est non. Parce que dans ma tête, ce sera moi le coupable du malheur de cet enfant.
Evidemment, ce n’est pas le cas. Les responsables, ce sont les homophobes ordinaires, les messieurs et mesdames tout le monde qui estiment qu’un couple gay ou lesbien ne peut pas avoir d’enfants. Ce sont les gens qui mettent dans la tête de leurs enfants que les homosexuels doivent brûler en enfer et si possible, avant sur terre.
Certes.
Mais j’ai justement la possibilité d’éviter tout ça à cet hypothétique enfant. En décidant de ne pas en avoir.

Et le dilemme toujours. Parce que si l’on veut un jour que les homosexuels puissent vraiment avoir des enfants comme tout le monde, alors il faudra bien que certains le fassent malgré tout au début.

Avec les années, je me suis réfugié derrière d’autres arguments qui parfois, à force de les répéter, me paraissent être acceptables. Que les enfants ça prends du temps, ça coûte cher, c’est pour la vie, c’est une énorme responsabilité, etc. En l’espace de deux ans, j’ai officiellement complètement changé d’avis sur la question. Je n’en veux plus. Au fond de moi pourtant, si j’avais la certitude qu’il ne subirait pas ces brimades, au moins celles là que je peux lui éviter, alors j’aurais toujours le désir d’un enfant.

En attendant, Nick lui en veut un. On s’est déjà disputé plusieurs fois à ce sujet. Et je sais qu’un jour ou l’autre, malgré tout l’amour qu’on a l’un pour l’autre, cette question risque de nous faire très mal.

Mon vœu pour cette année 2010 (je n’en avais pas encore fait…) : que les gens ne tolèrent pas la différence des autres, mais qu’ils l’acceptent. Tolérer n’est pas suffisant.