Posts Tagged ‘tristesse’

Blues

mai 7, 2013

Ca fait longtemps que je n’ai pas posté ici…

Il s’en est passé des choses…

Ce soir, je me sens à l’aube d’un down au niveau du moral, un de ces down carabinés dont mon inconscient à le secret.

Pour plein de petites raisons sur lesquelles je met des mots mais également pour d’autres qui m’échappent je pense. J’ai l’impression de tourner un peu e  rond parfois dur tous ces problèmes qu’on pourrait qualifier de récurrents chez moi.

Des choses que j’ai l’impression d’avoir réglé ou au moins que j’ai réussi à plus ou moins occulter et qui finissent par revenir me tarauder.

Et du coup ce soir j’ai envie de parler, j’ai envie de voir des gens que j’aime et de boire un coup ensemble mais ça ne se fera pas.

Ma meilleure amie vit à plus de 500km de moi. Nous ne nous appelons plus que quelques fois dans l’année, le temps et l’éloignement ont fait leur job… Et ça me rends d’autant plus triste. Maintenant elle connaît mieux la vie de personnes qu’elle a rencontré il y a 3 ans que la mienne alors que nous faisons chemin ensemble depuis 10 ans… Quand je lui ai téléphoné tout à l’heure elle a miraculeusement décroché ce qui est de plus en plus rare (y’en à toujours un de nous deux qui ne peut pas en général). J’étais tellement heureux que j’avais la voix d’un gosse au téléphone et je lui ai dit tout de suite qu’elle me manquait. Elle n’a même plus su entendre que quelque chose clochait. Elle a du raccrocher rapidement. Je me suis senti seul.

Je n’ai plus d’amis de collège, de lycée, de fac. Tous perdus du vue avec le temps. C’est dur. Une de mes collègues qui me rappelait toute cette période pars ce soir dans une autre boîte. Ca m’a encore renvoyé à ça. On en a parlé et on est lucide tous les deux. Avec le temps la encore on finira par ne plus avoir de contact.

Alors j’aurais aimé voir les cousines/soeurs parce qu’elles me font du bien elles aussi. Aucune ne vit près de chez moi.

Hier soir je suis retombé sur une vidéo que j’avais fait d’une soirée il y a 4 ans avec tous les gens dont j’ai parlé (sauf ma collègue que je ne connaissais pas à l’époque ). La aussi ça m’a déprimé. Il se dégage de ces images une insouciance et un bonheur qui semblent avoir disparus depuis, avec la prise d’âge et de responsabilité de chacun. Il est maintenant pratiquement impossible de tous les réunir un week-end.

Bien sûr il y a Nick, mon mari. Mais ce n’est pas à lui que j’ai envie de raconter tout ça. Nick est l’on mari, je voudrais ce soir un/une amie. Pour parler de tout ça. Et du reste que je n’évoque pas.

Je le connais un peu. J’ai peur parce que j’espère que tout ça n’est qu’un passage et pas une période plus longue comme ça m’arrive parfois.

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Sans titre

novembre 17, 2011

Bon.

C’est cliché et tellement banal. C’est une phrase qu’on entend très souvent dans la bouche des uns et des autres. « Il faut profiter des gens tant qu’ils sont là » .

Ce matin, je suis dans un état étrange de culpabilité, de raison, de joie, de rationnel, d’émotion et de résignation.

Mon grand-père paternel est décédé il y a 8 ans. J’en avais 17. J’avais déjà perdu des membres de ma famille. Mais c’était avant, j’étais plus jeune et ça ne m’avait pas forcément beaucoup touché. Pour mon grand-père, j’ai cru que c’était la même chose. Mais non. Déjà, voir ma grand-mère en larme, complètement désemparée m’avait profondément touché. Le monde autour d’elle s’était effondré. Tous ses repères, ses habitudes, sa vie en somme, était partie le temps d’une toute petite crise cardiaque. Ils étaient allés se coucher pour la sieste, après le repas. A un moment donné, elle l’a entendu pousser un soupir très profond, en gémissant un peu. Elle ne s’est même pas rendu compte que c’était le dernier. Et nous étions là, quelques heures plus tard autour d’elle.

Ce jour là, il a fallut lui tenir très fort la main. Rester avec elle qui embrassait le corps de mon grand-père, allongé sur le lit. Ce corps qui ressemblait à mon pépé, mais qui n’était pas tout à fait lui. Ce n’est pas explicable, mais si vous avez déja vécu des moments comme ça, vous voyez sans doute ce que je veux dire.

J’ai craqué le jour de l’enterrement. J’étais assez posé et distant par rapport à ce qui se passait, matrise, contrôle. Et puis au moment de jeter la terre sur le cercueil, tous mes souvenirs et l’amour que je portais mon grand-père a jailli du trou dans la terre et j’ai tout pris dans la figure. Je n’ai pu m’arrêter de pleurer que vingt minutes plus tard.

Ce jour là, jai enterré mon grand-père. Et j’ai aussi perdu ma grand-mère.

Elle ne s’est jamais remise du décès de son mari. Jamais. Pendant quelques semaines après, elle est restée chez elle, nous allions la voir régulièrement. Elle était triste. Mais elle faisait avec. Sauf qu’en réalité, elle ne faisait pas du tout avec. On l’a retrouvé un jour avec une lettre près d’elle qui s’excusait parce qu’elle allait rejoindre son mari. Elle avait tenté de s’ouvrir les veines. Mais ça n’a pas marché.

Elle a donc été placée en maison de retraite et traitée pour sa dépression. A partir de ce jour, je n’ai plus revu ma grand-mère. D’abord au sens figuré, puis au sens propre. Les premières années, je suis régulièrement allé la voir. Ma grand-mère n’était plus là. Son corps oui, mais elle non. Elle s’est retranchée en elle, pour fuir la vie qui était trop dur sans lui. Et elle attendait la mort, tout simplement. Elle parlait parfois de lui au présent, demandant pleine dangoisse où il était. Puis quand elle se rappelait qu’il n’était plus là, elle repartait en elle. Elle disait à peine bonjour, à peine au revoir. Elle semblait complètement indifférente à notre présence. C’était de plus en plus dur d’aller la voir. Et puis j’ai été lâche et nul. Face elle j’ai préféré me sauvegarder moi plutôt que de continuer à aller la voir, parce que la voir souffrir, c’était souffrir moi aussi.

J’ai honte d’écrire ça aujourdhui mais ça doit faire environ 4 ans que je n’ai pas revu ma grand-mère. Je sais que mon frère avait cessé d’aller la voir avant moi. Une de mes cousines a continué un moment après moi, mais je sais qu’elle a fini par arrêter aussi. Il n’y a que mon père et ma tante (sa soeur) qui ont continué à aller la voir. De temps en temps, je demandais mon père comment elle allait. « Comme d’habitude. Elle ne parle pas beaucoup. Elle reste assise sur son lit. » . Avec ma tante c’était pire, il arrivait qu’elle ne prenne même pas la peine de lui dire bonjour . Aucune haine entre les deux pourtant. Simplement, ma grand-mére avait disparu.

Depuis environ trois semaines, je ne sais pas pourquoi, je pense de plus en plus souvent à elle. Je culpabilise beaucoup de ne pas aller la voir. 4 ans. C’est long. Et je sais qu’elle n’est pas éternelle. Mais pourtant, je sais que ce n’est plus elle. Ou est-ce que je me dis ça pour me rassurer ? Pour ne pas culpabiliser ? Le fait est que quand j’irais la voir, je ne sais même pas si elle me reconnaitrait (la faute à qui à ton avis ?). Et je sais surtout que je lui poserai des questions auxquelles elle ne répondrait pas et qu’un silence horrible s’installerait. J’ai presque plus envie d’y aller pour mon père que pour elle ou pour moi. Parce que je me dis que ça doit être dur pour lui, de voir qu’aucun de ses fils ne va plus voir sa mère. La semaine passée, j’ai même fini par lui dire que j’avais envie d’aller la voir, que ça faisait trop longtemps. Il m’a dit « tu sais, elle n’est pas très en forme, elle est comme d’habitude, elle ne parle pas, c’est pas très drôle . » Mais il ne m’a pas dit de ne pas y aller.

J’ai donc enfin prévu d’y aller. Avant la fin de l’année. Peut-être pour Noël.

Mon téléphone a vibré dans ma poche ce matin. Mon père avait la voix étranglée, au bout du fil. C’est trop tard pour aller voir ma grand-mère. Elle est décédée cette nuit.

J’ai beaucoup de peine pour mon papa. Je m’en veux aussi terriblement de ne pas être retourné la voir. Et pourtant je me dis que l’avais déjà perdu. Mais là encore, est-ce que je me dis ça pour avoir la conscience tranquille ou était-ce vraiment le cas ?

Je suis triste parce qu’une partie de moi se sent petit morveux égoïste qui n’a même pas pris un après-midi en 4 ans pour passer voir sa grand-mère. Mais c’est un peu tard pour dire ça, non ? Au lieu de me lamenter maintenant, j’aurais mieux fait de me bouger le cul avant.

Et puis je repense au jour de sa « première mort » . Je repense à ses mots qu’elle avait écrit, « excusez-moi, je pars rejoindre mon mari » , la tristesse et l’abandon qu’elle ressentait. Et c’est peut-être la seule chose qui me réconforte aujourdhui. Elle a cessé d’être triste. Et peut-être même, s’il y a un après, qu’elle l’a vraiment rejoint son mari.

Foutu journal

août 9, 2010

Ca s’en va et ça revient…

Comme une pointe, une pique dans la vie de tous les jours. Par des écrans, par des ondes, par des chansons. Un texte. Un texte écrit juste après. A chaud. Pour coucher tout ce que j’ai vécu. Tout ce que j’ai ressenti. Pour ne rien oublier. Et c’est plus puissant que le seul souvenir. Ces mots là reflètent exactement mon point de vue, ce sont mes mots, mes tripes. A tel point qu’ils parviennent à réveiller ces exactes sensations à nouveau. C’est fou le pouvoir des mots. C’est dangereux de tenir un journal. Tellement magnifique, mais tellement dangereux.

Un texte peut-il vous faire faire des conneries ? Sans doute. En tous cas, vous jeter dans un désarroi et une mélancolie en quelques heures. Vous rappeler toute une période que vous étiez parvenu à oublier. Et recommencer à penser, sans arrêt. Ai-je bien fait ? Cela fait des mois, des années. Mais toujours pas de réponse à cette question. Des doutes, pas de réponse. Et ce fantôme qui revient me hanter.

Foutu journal.

Promis, je viens l’année prochaine!

juin 9, 2010

Hier soir, une des sœurs de Nick est venue manger et dormir à la maison. La soirée a été très agréable mais j’ai pris conscience d’une chose.

La sœur de Nick vit dans un autre pays depuis quelques années. Elle nous expliquait hier soir qu’elle était un peu triste de voir ses amis s’éloigner. Qu’elle avait l’impression d’être toujours celle qui fait des efforts pour garder le contact et qu’en réalité ses amis ne savaient pas vraiment ce qu’elle avait fait ces dernières années puisqu’ils n’étaient jamais venus la voir (alors qu’il s’agit d’un pays frontalier).

J’ai réalisé alors une chose : je suis dans le même cas qu’elle. Ce qui nous a amené à la conclusion que ce n’était pas la distance qui était en cause mais bien la volonté de garder le contact.

Au lycée, j’ai rencontré mes amis les plus proches, ceux avec qui j’ai passé mes meilleurs moments. Nous étions un petit groupe d’inséparables qui faisions des fêtes chez les uns et chez les autres, qui étions tout le temps ensemble en classe et qui partions même en vacances ensemble. Bref, un bon groupe d’amis.

Mes parents ayant une maison de campagne, j’avais lancé l’idée d’une grande fête pour célébrer l’été tous les ans. J’invitais tout mon groupe d’amis et mes sœurs, et tout le monde pouvait convier une ou deux personnes supplémentaires.

Au fil des ans, mon groupe d’amis s’est peu à peu éloigné à cause des déménagements, des mutations… Il s’est éparpillé un peu partout en France. Nous gardions quand même le contact. Le seul moment de l’année où tout le monde se retrouvait, c’était la fête de l’été. On ne se voyait pas pendant un an, mais tout le monde arrivait à la maison de campagne et l’on se retrouvait et le temps d’un week-end, tout était comme avant. Ca sentait l’insouciance, la nostalgie, le barbecue la bière et le soleil. Les batailles d’eau et les « J’VOUS ADORE! » hurlés à 4h du matin.

Et puis une année, quelqu’un n’a pas pu venir. Pas possible d’avoir des vacances à ce moment là ou bien une réunion de famille, je ne sais plus. J’ai tout fait pour arranger la personne. D’un week-end de 2 jours, on est passé à un week-end de 4 jours (où je posais des jours de congés juste pour rallonger la fête) pour que tout le monde puisse venir au moins un jour. Mais l’année suivante, c’est deux ou trois personnes qui n’ont plus pu venir. Et tous les autres ne pouvaient venir qu’une partie du week-end. Heureusement en parallèle, les amis de Nick ont commencé à venir donc nous avions toujours du monde.

Mais cette année, c’est le coup de grâce. J’ai décalé la fête de quelques semaines pour arranger tout le monde. Notamment mes sœurs qui ne peuvent jamais venir tout le week-end à cause d’un anniversaire. Et bien l’anniversaire est décalé aussi, pile poil le week-end prévu pour faire la fête. Et de tout mon groupe d’amis (6 + moi) il ne reste plus grand monde. Une seule personne.
J’ai reçu le dernier coup sur la tête en lisant un mail de ma meilleure amie hier qui m’apprend qu’elle ne pourra sans doute pas venir. C’est tout un symbole. Il ne restait plus qu’elle qui représentait encore ce qu’on avait été et ce qu’on était. Une des dernières raisons de faire la fête tous les ans. Et même elle ne viendra pas. 2010 sera sans doute l’année où il y aura plus d’amis de Nick que de mes amis à moi.

On ne se voit plus. On est tous éparpillés. Et malgré tous les efforts que je fais chaque année, les gens ne sont même pas capables de bloquer un week-end. Bien sûr qu’ils ont de bonnes raisons. Mais plus les années passent, moins ils sont nombreux. Et du coup j’ai le même sentiment que la sœur de Nick. Tout ça est fini, et je sais pertinemment que si j’arrête d’organiser ce rendez-vous, la plupart ne s’en apercevront même pas.

C’est donc ce que je vais faire. Je suis fatigué de penser et d’organiser tout ça tous les ans pour rien. Cette fête avait pour but de réunir tout mon groupe d’amis, elle ne le fait plus, les gens ne jouent plus le jeu, inutile de continuer. Je suis vraiment triste d’en être arrivé là mais ça me fait plus souffrir qu’autre chose d’avoir à encaisser des « je ne pourrais pas venir mais promis je viens l’année prochaine » tous les ans.